Hackathon Nao 2013 : retour sur ce weekend à la Cité des sciences !

© R.Sahri EPPDCSI

Ce concours de 36h non-stop a été une expérience grisante : j’adore faire autant de rencontres en si peu de temps. Toutefois celui-ci avait quelque chose de… spécial. En fait je crois avoir réalisé mon rêve d’ado : voir un Nao de près. Plein, partout ! Et croyez moi, des robots à 12 000€ on en voit assez rarement en Normandie !

J’ai vu ce petit robot de loin et pour la première fois au musée des arts & métiers, derrière une épaisse vitre. J’ai eu du mal à réaliser qu’Alban, assis sur notre table, allait exécuter chacun de nos ordres durant trois jours.


Qui est Nao ?

Sur le plan matériel, un Nao cache un cœur Intel ATOM 1,6 GHz, 1Go de Ram, 2 caméras 920p, 4 micros, 1 accéléromètre, 2 gyromètres, 8 capteurs de pression, 2 capteurs de contact, 2 sonars, 25 degrés de libertés en moteurs pas à pas, Ethernet, Wifi, 2Go de mémoire Flash et un lecteur SDHC.

Sur le plan logiciel, un fork Open Source basé sur Gentoo (Linux) exécute au choix C++, Python, Java, MATLAB, Urbi, C, .Net et permet d’accéder au robot en SSH. On peut programmer directement dessus ou via un IDE graphique inspiré du Grafcet. Concrètement ce produit est époustouflant.

Les Nao oranges appartiennent à Aldebaran, les bleus sont vendus aux universités et les gris aux particuliers. Ces derniers sont subventionnés à 75%, soit un prix final de 3 000€. Mais attention, l’achat d’un Dev Prog se fait sur sélection. Il se serait d’ailleurs vendu plus de 2 000 unités selon Wikipedia.

Son élégance et son écosystème pour développeurs donnent probablement à Aldebaran Robotics une avance considérable sur ce marché. J’ai entendu dire qu’il devrait être proposé au grand public à court terme sous la barre des 3 000€. Du jamais vu pour un produit de ce type avec store d’applications.

Et si j’avais un robot dans ma vie ?

Le thème de ce hackathon consistait à imaginer des applications de la vie courante. Les équipes étaient pluridisciplinaires, ouvrant ainsi la voie à d’autres corps de métiers que ceux de l’informatique, et je dois bien avouer que c’est grâce à ça que notre appli a été aussi géniale.

Mais avant de vous en parler, voici l’équipe Sparkle : Sébastien, Charlotte, moi, Charlotte (puis Charlotte, moi, Guillaume, Charlotte). Et Alban.

© R.Sahri EPPDCSI © I.Chabanon-Pouget EPPDCSI

Alban est un jeune robot de 4ème génération. Il est orange vif, réactif et tiens plutôt bien sur ses jambes. Je ne crois pas avoir été brusque avec lui. Il est bien tombé une fois ou deux, peut être quinze je n’ai pas compté. On a toujours respecté son droit syndical – une heure de pause toutes les demi-journées – et il a toujours eu droit de s’asseoir bien au centre de notre table, quand tous les autres Nao siégeaient au sol. Pour nous, Alban était notre égal. Jusqu’au jour où un participant croyant avoir été appelé nous a expliqué qu’il s’appelait aussi Alban : nous avons renommé Alban en nablA.

Nabla a été la peluche de cinq enfants d’école primaire : on lui a fait dire des choses que nous ne pouvions filmer (un classique), on lui a collé des stickers et des post-it, mis une ceinture, une cravate et un képi puis on lui a insufflé une personnalité qui nous a permis de nous projeter dans son jeu.

Nabla dirigeait notre partie. Le concept imaginé est celui d’un PNJ (Personnage Non Joueur, comme dans les RPG). L’histoire mettait en scène un Nao qui avait été saboté. Posté devant la scène du crime, Nabla vous résumait l’enquête avant de vous proposer de partir à la recherche d’un témoin, d’un indice ou d’une arme du crime. Les trois quêtes se jouaient une par une et à plusieurs, dans une sorte de course à « Qui retrouvera le coupable le premier » et débloquaient différentes étapes du scénario à chaque fois qu’une réponse correcte était rapportée. Durant la partie, Nabla était capable de se rappeler la quête en cours de chaque joueur et d’annoncer le résultat si un autre joueur avait rapporté la bonne réponse avant vous.

© G.Mellet © Mac Call EPPDCSI

Le déroulement du hackathon en lui même a été assez palpitant. Nous n’avions pas réfléchi au sujet avant, il a fallu brainstormer. Fort. Pendant que les idées émergeaient, nous avons testé toutes les fonctionnalités de la plateforme et opéré nos choix.

Nous avons affronté de nombreux problèmes, techniques comme scénaristiques. Par exemple Nabla interrogeait des suspects avant de devenir un commissaire qui envoie ses inspecteurs en mission. Si notre programme était capable de reconnaître une infinité de visages, ceux-ci ne pouvaient être associés qu’à un chiffre, utilisé pour identifier les joueurs. Un poil handicapant pour s’exprimer ! Finalement ce contournement ne s’est pas remarqué.

Parlons des autres équipes maintenant. Nous avons échangés avec eux durant tout le weekend, dans une sorte d’effervescence jubilatoire (oui oui !) où chacun découvrait ce qu’il pouvait faire tout en partageant ses astuces. J’ai réalisé un montage vidéo pour l’occasion :


Télécharger en : Webm ou Ogv ou Mp4

Globalement, les autres groupes ont réalisé de bons projets : une simulation de robot dépressif, un robot humoriste retenant vos blagues, un robot jouant aux cartes (mon projet favoris) et un robot « majordome » qui range votre maison pour vous.

Tous ces projets n’ont pas réellement survécu au hackathon, ce sont les premiers jets de créativité à mi-chemin entre l’idéalisation que nous avons des robots humanoïdes et la réalité. Ils ont en revanche apporté une première expérience qui conduira certainement à des achats. Le design de Nao a séduit systématiquement les gens qui s’en approchaient, je suis ainsi convaincu qu’en étant plus rapide et plus réaliste pendant ses interactions avec l’Homme, ce robot peut parfaitement viser le marché de masse, avec ce même modèle de store que l’on retrouve sur les smartphones aujourd’hui.

© R.Sahri EPPDCSI © R.Sahri EPPDCSI
© R.Sahri EPPDCSI © R.Sahri EPPDCSI

Le code, la documentation et les éléments nécessaires au déroulement d’une partie du Commissaire Nao sont disponibles à cette adresse sous licence Creative Commons By Share Alike. Il y a aussi cette page sur le wiki de la CSI. N’hésitez pas à me contacter pour toute demande de photos :)

Je vous invite aussi à lire « Hackathon autour du robot Nao, 36h pour imaginer et prototyper le futur de la robotique humanoïde ! ».

En ce qui me concerne le projet continue, je suis allé à Nao sur Seine #5 – la réunion mensuelle d’un Nao User Group parisien – débugger et présenter le programme. Je serai à la Cité des sciences ce weekend pour essayer de l’achever et je le présenterai dimanche à 15h30 durant la Ubuntu Party.

Rédigé le 14 novembre 2013 dans "Reportages"
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