L’indépendance informatique

RJ45

Dans la plus grande indifférence, nous confions nos mails à de grosses entreprises. J’ai déjà abordé ce sujet, mais je n’ai pas cette fois la sensation que l’auto-hébergement soit accessible.


Stocker ses données hors-ligne

Pour commencer, tous les Clouds ont obligatoirement des Conditions d’Utilisation. Vous acceptez donc en ces termes que vos données soient soumises à conditions. C’est un non-sens de vous dire comment vous devez utiliser vos propres données.

Le Cloud est souvent compris comme une solution infaillible (et à moindre coût) de sauvegarde de données. C’est faux.

D’abord la sauvegarde sur disque dur externe étant moins complexe, vous aurez la possibilité d’effectuer des sauvegardes plus régulières.

Ensuite, les données étant stockées en ligne, vous n’y accéderez par définition pas si votre connexion internet est inopérante ou si votre système d’exploitation est hors service.

Autre point important, si automatisation il y a, l’automatisation des sauvegardes peut impliquer que vous ne maîtrisiez plus vous même quelles données sont sauvegardées.

Ne pas confier ses mails à des inconnus

Je sais qu’il est difficile de mettre en place un serveur mail chez soit pour plusieurs raisons.

Si vous êtes un client Orange, vous n’avez pas accès à l’Internet Mondial mais une définition d’Internet « by Orange », c’est à dire entre-autre sans la possibilité d’envoyer vos propres mails (et quoi d’autre ?) depuis le port 25 de votre connexion. Vous serez obligé de tenter une utilisation du SMTPS.

La disponibilité de la connexion Internet est un autre facteur de frilosité de l’auto-hébergement. Là encore les clients Orange seront souvent pénalisés, l’accès à Internet by Orange étant l’un des moins fiables du marché (cf. les études de SVM ces dernières années). Les plus geeks peuvent cependant faire appel à des serveurs dédiés loués sur Internet, mais la période de rétention des serveurs mails est dans la plupart des cas une sécurité déjà effective. Dans un second temps, une solution de redondance entre amis reste à inventer.

La difficulté de mettre en place un ordinateur dédié à la maison pour gérer ses e-mails n’est toujours pas résolue. Des solutions existent, telles que Zimbra (américain) ou Blue-Mind (français), mais ne répondent pas à UN utilisateur souhaitant faire recourt à un ordinateur équipé d’un ou deux Go de Ram.

Les projets de solution tout-en-un (mail, apache, etc) comme Beedbox ou FreedomBox n’aboutissent toujours pas après des années d’attente.

Vient également le tri du courrier, c’est à dire une solution efficace de détection du spam. Certains logiciels s’en sortent particulièrement bien, mais ces derniers sont rarement inclus dans les solutions clés en main précédemment citées.

Enfin le matériel, j’ai déjà longuement argumenté sur le bruit, le prix et la consommation, quelque chose de très correct en tout point s’obtient très facilement.

Le résultat de tout cela, c’est la mise en balance avec la réalité :
- vos mails sont en libre accès dans les entreprises qui les détiennent,
- la présence de publicité dans les e-mails que vous écrivez devrait vous alerter sur le fait que vos messages sont manipulés avant l’envoi (parfois également le fait de votre client tel qu’Incredimail),
- l’observation des communications des particuliers est autant le fait des entreprises que des organes de sécurité des pays. Hélas elle se fait sans le consentement des usagers, et cela me pose problème car la plupart des services en ligne ne sont pas français mais sous l’égide du gouvernement américain.

Maîtriser ses communications instantanées

Remplacer Windows Live Messenger par Jabber, Facebook par Friendica, tout cela ne rime à quelque chose que si vos amis sont disposés à vous aider dans votre démarche.

Utiliser Jabber peut se faire très facilement puisque quelques manipulations simples permettent de se connecter au tchat Facebook de son compte habituel depuis un client Jabber, il s’agit du même protocole.

En revanche pour découvrir Friendica, il peut être intéressant de proposer cela comme une expérience d’abstention à Facebook. Une semaine complète sans aller sur Facebook, sans se couper du monde, avec un groupe d’amis.

Faire ses recherches ailleurs

À 99%, je peux affirmer que vous avez utilisé Google il y a moins de 10 minutes. C’est bien triste, car là encore j’ai fait couler beaucoup d’encre sur le sujet, Google connaît probablement mieux vos goûts que votre conjoint : vous lui confiez la moindre question que vous vous posez, la moindre recherche professionnelle et personnelle.

Au pire, décentraliser le pouvoir d’aspiration de Google est déjà une lutte efficace contre la monopolisation du fichage organisé que nous vivons. Bing, Yahoo, pourquoi pas.

Mais quitte à changer, vous ne devriez pas hésiter à découvrir un service respectueux de ses utilisateurs comme j’en avais expérimenté il y a longtemps. Cette fois ci j’utilise DuckDuckGo pour mes recherches quotidiennes (barre d’url) et Google pour les recherches complexes (recherche rapide). J’ai personnalisé l’adresse de ma page d’accueil avec quelques paramètres pour désactiver la publicité, activer le HTTPS, avoir la police de Ubuntu (plus élégante) et surtout avoir des résultats en français : https://duckduckgo.com/?q=&kl=fr-fr&kh=1&k1=-1&ka=Ubuntu.

Pour faire vos recherches directement en tapant dans la barre d’url, visitez about:config sous Firefox, puis modifiez keyword.url avec :
https://duckduckgo.com/?kl=fr-fr&kh=1&k1=-1&ka=Ubuntu&q=

Je conserve toujours un marque page Google pour les traductions. Pour mes recherches cartographiques, je passe par MapQuest, un service commercial basé sur OpenStreetMap.